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La transition post-capitaliste

La transition post-capitaliste. Chapitre II - La critique révolutionnaire

Dominique TEMPLE | Mai 2013

La critique révolutionnaire

On pourrait expliquer la supériorité du libre-échange parce que les hommes sont confiants, avons-nous dit, dans la raison, et dans la logique qu’utilise celle-ci. Cependant, l’individualisme, que l’on ne confondra pas avec l’individuation du sujet, n’est que l’actualisation ultime de la différenciation biologique. Mais est-il légitime de confiner le développement de l’esprit à celui de l’individu, et de restreindre la représentation de la valeur à celle de la force physique par laquelle le vivant prend connaissance du monde qui lui est extérieur ?

Nous savons que ce qui obéit à cette représentation du monde, et à sa logique, légitime que les acteurs de l’économie dite aujourd’hui “naturelle”, de la libre-entreprise, du libre-échange, de la libre concurrence, se représentent leurs relations comme rapports de forces, l’échange comme égalité de forces, et leur idéal comme domination de la nature. Certes, la physique classique confirme la validité matérielle et pas seulement formelle de cette logique puisque la part du monde dont elle rend compte semble lui obéir de façon parfaite. Ce jugement doit pourtant être suspendu car, depuis l’avènement de la physique quantique, la physique classique n’est plus validée que pour une part des choses [1]. Et lorsque la raison est enchaînée par cette logique à cette représentation du monde, elle est contrainte d’ignorer ce qui se revendique de la médiété. Et elle est impuissante à soutenir la genèse de l’éthique.

La critique révolutionnaire a tenté de surmonter cette difficulté avec l’idée de “contradiction dialectique” et de “critique de la critique.” Promue par la négation de façon systématique, elle a conduit à la “révolution permanente” dont on a cru qu’elle détruirait non seulement le capitalisme mais aussi le totalitarisme érigé au nom du socialisme ; mais elle se révéla pure violence, détruisant tout effort de pensée avant même que celle-ci n’ait produit quoi que ce soit. L’abandon de cette dialectique laissa le champ libre à l’alternative, l’économie sans limite de l’innovation au service du capital.

Le système capitaliste doit cependant empêcher les hommes de reconnaître qu’un autre moteur que la différenciation biologique puisse motiver leurs investissements. Il est contraint de combler le vide des valeurs éthiques par une consommation qui satisfait leurs imaginaires et leurs passions. Le moteur de l’économie reste ainsi le profit, et son but le pouvoir de domination. La critique a suggéré de retourner à la démocratie des communautés de base (la démocratie directe, la réciprocité collective) à l’image du Conseil ouvrier ou de la Commune. Mais elle n’a pas réussi à se libérer de la logique de la conception du pouvoir en termes de force. Pourtant, la force doit être surmontée par la raison : un programme qui signifie d’être conscient des matrices de chacune des valeurs humaines fondamentales comme sentiment éthique spécifique de la structure qui l’engendre, le respect par exemple pour la réciprocité symétrique, ou la bonté pour la réciprocité positive…

Il est donc de la responsabilité de l’anthropologie économique de révéler quelles sont les structures sociales de base qui offrent aux hommes leurs valeurs ; et de la responsabilité de la philosophie politique d’instaurer les institutions et les Constitutions grâce auxquelles ces structures ne pourront se contredire ou se faire injure.

L’État, dans les démocraties, protège de sa tutelle plusieurs structures de réciprocité de façon empirique, mais l’on aurait tout intérêt à ce qu’il les reconnaisse de façon rationnelle pour que leur territorialité soit clairement définie et leurs interfaces précisées.

La confusion des structures

Nous ne dresserons pas un catalogue des institutions obéissant au principe de réciprocité mais stigmatiserons la méconnaissance qui prévaut à leur sujet, en France, par quelques exemples :

L’éducation répond à la réciprocité ternaire simple (dont le modèle anthropologique est la filiation). Les enseignants transmettent aux étudiants un savoir qu’ils ont reçu de leurs maîtres. Ils perçoivent un équivalent de réciprocité indépendant de la qualité de leur travail, qui, elle, relève de façon exclusive de leur responsabilité. Et c’est de manière quasi infaillible qu’ils assument cette responsabilité en donnant le meilleur d’eux-mêmes. Pourquoi le meilleur ? Parce que chaque enseignant s’attache à donner plus qu’il n’a reçu pour accroître son propre sentiment d’être humain. Sa responsabilité se confond avec sa dignité. La responsabilité est en effet plus qu’un commandement éthique, elle est le sujet engendré par la structure de réciprocité ternaire [2].

Cette matrice peut cependant être faussée dès lors que l’État monnaye le travail de l’enseignant à l’heure. Le symbole des heures supplémentaires (revendication majeure des syndicats d’enseignants) est le signe de l’aliénation de la réciprocité dans l’échange, et d’un rapport de force selon les critères de l’idéologie libérale. C’est en effet une quantité de force de travail qui est fixée en valeur d’échange dans une heure de travail. Dès lors chacun peut aussi compter ses heures au moindre coût alors que le travail, lorsqu’il est à la discrétion de l’enseignant, ne se compte pas. Cet exemple montre la méconnaissance de la réciprocité ternaire comme la matrice de la responsabilité.

Cependant, ce genre de détournement n’est pas toujours consécutif à l’emprise de l’idéologie de l’intérêt (privé ou corporatiste), il peut être la conséquence d’une simple confusion entre les structures de réciprocité :

La protection sociale est par excellence le domaine de la réciprocité collective car tout le monde participe au capital et tout le monde reçoit en fonction de ses besoins. Elle est cependant l’occasion d’un débat récurrent : les mutuelles permettent aux riches de disposer d’un complément de protection en fonction de cotisations supplémentaires dans une caisse spéciale. Cette cotisation peut être interprétée comme celle d’une corporation ou d’une classe en fonction de son intérêt ou comme une contribution supplémentaire qui garantit une couverture plus large à ceux-là seuls qui veulent se prémunir contre des risques que d’autres ne souhaitent pas prendre en compte. On ne jugera pas ici. Mais, en sens inverse, la “couverture maladie universelle” prend en charge l’indigence des plus démunis sans solliciter aucune participation de leur part. Quoi qu’il en soit, la protection sociale crée entre les uns et les autres un sentiment de sollicitude sans visage que l’on qualifie de solidarité.

La santé publique, la sécurité sociale et les allocations sont les principaux titres de la protection sociale. Parmi celles-ci, les allocations familiales ont fait récemment en France l’objet d’un débat contradictoire. Le principe de ces allocations familiales est d’assurer aux enfants une marge de sécurité quels que soient les revenus de leurs parents. Mais à quels enfants ? Évidemment à tous les enfants, car une discrimination romprait l’unité de la structure de réciprocité collective. Quelle est la structure de réciprocité en question ? C’est le partage. La réciprocité entre les parents est une réciprocité directe et collective. L’État n’intervient que d’un point de vue technique pour assurer la redistribution entre tous de façon égale. Mais si l’on interprète cette redistribution en termes d’échanges, se présentent deux autres options : ou bien la redistribution est proportionnelle à la cotisation, et les enfants de ceux qui ont donné beaucoup doivent recevoir beaucoup, justice de classe. Ou bien la Caisse d’allocations familiales redistribue moins aux riches qu’aux enfants dont les parents sont en difficulté financière, et c’est la revanche des classes défavorisées, en termes de profit bien entendu, justice de classe par conséquent comme précédemment. Dans les deux cas, la valeur née de la réciprocité de partage n’existe plus [3].

Autre exemple : dans sa directive aux agriculteurs, de 1998, la Mutuelle Sociale Agricole résumait la législation en vigueur en France par l’interdiction de l’entraide. Le législateur de cette époque voulait remplacer la réciprocité binaire simple, le face-à-face qui produit la philia (l’amitié) par une autre. Pourquoi ? Il ne le dit pas. Craignait-il que l’amitié nourrisse des circuits courts de réciprocité qui fassent injure à la réciprocité centralisée ? Interprétait-il l’entraide selon le schéma dominant du libre-échange comme du travail dissimulé, du “travail au noir” ?

Extrait :

« Les retraités peuvent-ils travailler ?
– Oui, mais à certaines conditions.
– Sur leur ancienne exploitation ?
– Non, la notion de “coup de main” n’est pas retenue en droit par le juge.
– Sur une autre exploitation ?
– Oui, mais la possibilité d’entraide disparaît. Ils doivent donc être déclarés comme salariés.
– Qu’en est-il de l’‘‘entraide familiale” ?
– Selon les textes en vigueur elle est impossible sauf entre conjoints [4]. »

Mais peu importe la justification. Le législateur ne reconnaît pas la territorialité de chacune de ces structures de réciprocité ou ne maîtrise pas leur interface ! Sinon, il eut respecté l’entraide, que ce soit entre ouvriers ou entre paysans, car elle est la matrice d’une valeur exceptionnelle : l’amitié. L’interdire est insensé car chacun est aussitôt dans l’obligation de traiter l’autre dans l’indifférence de l’égoïsme.

Aujourd’hui, preuve que le débat fait évoluer les choses, l’entraide a reçu un autre statut :

« L’entraide implique un échange de services fondé sur :
– la gratuité : l’activité ne doit pas être rémunérée,
– la réciprocité : celui qui apporte son aide doit être en mesure de demander la même chose,
– l’équivalence : le bénéfice ne doit pas être à sens unique.
Par ailleurs, l’aide apportée ne doit pas correspondre à une activité ou à une fonction qui devrait être assurée de manière régulière par un salarié ou un non-salarié (ex : secrétariat, comptabilité, accueil de clientèle, etc.). À défaut, l’activité peut être requalifiée en contrat de travail ou d’entreprise [5]. »

L’entraide est donc désormais respectée comme réciprocité, et nettement distinguée de l’échange. La législation, avant d’être amendée, tout comme la discrimination entre enfants de riches et de pauvres, était dirigée contre l’entraide. Serait-ce qu’une structure de réciprocité pourrait être retournée contre une autre structure de réciprocité ? Créon contre Antigone ?

C’est bien sur les structures sociales de base que doit se porter la réflexion puisque les solutions des difficultés auxquelles conduit l’actuel système économique sont inhibées par la confusion sur les structures de réciprocité. Il ne s’agit pas de faire table rase du passé ni d’inventer un autre monde, ni même de le transformer en se fiant aux heureux dénouements d’initiatives aléatoires, mais de la clarification du sens des actions des uns et des autres en fonction des valeurs que la raison permet de construire.

La transition

Comment faire ? Sans doute, nous l’avons dit, s’agit-il de principes, et par conséquent d’énoncer une nouvelle Constitution. La croissance, le progrès, le développement, ces substantifs ne peuvent plus signifier l’avenir comme du temps où, le monde paraissant infini, ils pouvaient accepter des contenus divers et, selon l’imaginaire de chacun, répondre aux transferts de tout le monde. La planète Terre est limitée et contraint à des choix.

La vie de l’esprit est désormais l’enjeu principal de l’économie politique et le bien commun qu’il s’agit de construire en priorité. Le but de l’économie n’est plus le pouvoir ; sa cause n’est plus la différenciation biologique, que traduisait la croissance du capital ou le profit, mais la conscience qui doit prendre au moins la mesure du pouvoir qui la défie. Mais alors comment ? Comment passer d’une économie dont on sait qu’elle conduit à l’impasse, sinon à l’abîme, à une économie dont l’avenir ne mette en péril ni la terre ni l’homme ? Quelle stratégie : transformation, mutation ?

La contestation écologique conduit à la transformation. Devant la réduction des ressources de la planète, elle préserve les océans, la forêt, les animaux et les conditions de la reproduction de la biosphère. Elle soustrait progressivement à l’emprise de l’exploitation capitaliste des territoires naturels. L’écologie politique étend même son domaine de compétence à la qualité de la vie sociale. Cela équivaut à poser des limites au champ du profit. Mais des limites relatives seulement puisqu’elles ne modifient pas la dynamique de l’exploitation. La pensée écologique doit donc se doubler d’une réflexion où la limite recevra une définition plus large et deviendra absolue.

Pourquoi cette limite absolue semble-t-elle encore hors de propos ? S’il n’existe qu’une seule économie de libre-échange, il est évident qu’elle condamne à l’arrêt de leurs activités les entreprises les plus performantes. Dans le système de libre-échange, il est impossible de juguler la croissance qu’impose la concurrence sans défier la loi organique du système. Par contre, s’il existe à côté de l’économie d’échange une économie de réciprocité séparée par une interface, cette interface est une limite absolue à l’extension du profit, mais qui est féconde parce qu’elle laisse à l’entreprise qui l’atteint le droit de poursuivre son activité dans le domaine de la réciprocité : le profit des actionnaires n’augmente plus, mais la réussite de l’entreprise continue de justifier la confiance, et par conséquent la poursuite des investissements de l’État. La finalité de l’investissement est modifiée, le bien public se substituant au bien privé. Autrement dit, l’entreprise capitaliste se convertit en entreprise communautaire quoique toujours sous la responsabilité de son chef d’entreprise. Rien ne prouve que les entrepreneurs ne seraient pas plus heureux de servir que de se servir, et de devenir humains plutôt que des brutes. Nombre de professions libérales choisiraient cette option : On ne devient pas chirurgien ou avocat pour défendre une classe de bourgeois ou de nobles ou les intérêts d’une secte. Les serments originaires de ces professions en font foi !

La limite absolue au profit permettrait de transformer l’investissement lucratif en investissement non-lucratif ; le pouvoir d’asservir en pouvoir de servir ; la propriété privée en propriété universelle ; l’entreprise individuelle en entreprise responsable ; la société anonyme en entreprise communautaire ; la concurrence en émulation ; le profit en prestige social. Cette substitution de paradigme ne limiterait pas l’investissement mais donnerait à la croissance une autre définition : la croissance du bien commun.

D’une manière plus générale, les biens premiers, les ressources, l’énergie nécessaires à la vie sont aujourd’hui frappés d’une imposition forfaitaire élevée à la base, qui devient dégressive au fur et à mesure que leur consommation augmente sous le prétexte de favoriser le développement industriel, en réalité le développement du capital. Cette logique paraissait judicieuse pour soutenir la croissance de la production. L’alternative du retour à la nature étant aujourd’hui impossible puisqu’il n’y a plus d’espace qui ne soit exploité, il est nécessaire de juguler cette croissance non seulement parce qu’elle est cause d’injustice sociale mais parce qu’elle est devenue une menace sur le genre humain, et, comme le disent certaines écoles d’avant-garde, il est urgent de procéder à sa décroissance [6].

La décroissance impose au moins que la consommation de base des biens premiers soit gratuite pour tous, et leur surconsommation grevée d’une imposition non pas forfaitaire mais proportionnelle. On peut donc imaginer un passage progressif à la limite absolue du profit en indexant la progressivité des prélèvements obligatoires sur l’allocation universelle : moins l’allocation universelle serait élevée par rapport au revenu moyen et plus la pente de la progressivité de l’impôt serait forte…

La stratégie de la mutation suggère l’idée de sociétés parallèles. Partir de rien est cependant un saut dans l’inconnu étant donné le degré de complexité atteint par l’organisation de la société urbaine. Il n’empêche que le système capitaliste contraint les exclus à se ressourcer au principe originel de la société, et cela à partir de rien. Les exclus sont de plus en plus nombreux et forcés de s’organiser en société de réciprocité ne comptant que sur leurs propres forces et sans disposer d’aucun capital. Il arrive même qu’ils n’obtiennent même pas de plage où imaginer le don du rien [7], et finissent noyés sous les yeux des nantis. Or, il n’est pas nécessaire d’en venir aux extrêmes et de passer par les hécatombes d’une nouvelle guerre mondiale ou de celles qui aujourd’hui de l’Europe à l’Afrique forment une chaîne ininterrompue de crimes contre l’humanité, pour s’interroger sur la réciprocité ! Personne n’empêche personne de s’allier avec autrui pour fonder une entreprise communautaire. Mais nous avons vu que cette tentative échoue chaque fois qu’elle recourt aux valeurs éthiques constituées de façon empirique parce qu’elle se heurte à une logique caractérisée par l’exclusion de ces valeurs. La stratégie proposée ici est, nous l’avons vu, de faire intervenir la raison armée d’une logique qui respecte la genèse de la valeur. Et cela est possible : il s’agit donc d’en prendre conscience !

Le système capitaliste subordonnait jusqu’à présent l’information, l’éducation, l’enseignement, la recherche scientifique, la critique et même l’art, à la propriété privée. Qui maîtrisait l’information par la privatisation de la télévision et de la radio, du téléphone et du télégraphe… disposait du pouvoir. Karl Marx a prophétisé que la technique affranchira la société du travail pénible et libérera les forces révolutionnaires : les forces productives, en se développant, détruiront les rapports de production établis pour en susciter de nouveaux. Eh bien nous assistons à cet événement : l’informatique échappe aux mains du pouvoir ! Elle est devenue si complexe qu’elle échappe même à l’intérêt particulier de qui que ce soit : elle suscite dès lors de nouveaux rapports de production : lesquels ?

L’information, matière première de la pensée, est à la disposition de tous instantanément et sans limite. L’Internet constitue une mémoire universelle immatérielle et intemporelle ainsi que la sélection de ce qui est apprécié par tous. Il soutient une conscience de l’humanité qui se développe hors du contrôle des individus, et il offre à chacun de choisir entre la réciprocité généralisée et le libre-échange. Son accès n’est pas encore à la disposition de tout le monde, mais peu s’en faut. Par la participation libre et gratuite de tous à l’élaboration de la pensée et par l’accès à la pensée de tous les autres, tout aussi libre et gratuit, se crée la conscience universelle. Éveil et Mémoire de la conscience, la liberté de la pensée est définitive à moins de chaos universel.

*

Lire la suite : Chapitre III - Un programme transitionnel

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Notas

[1] La logique d’identité, relativisée à partir d’un certain niveau de précision par la physique quantique, demeure un cas particulier d’une logique plus générale : la logique dynamique du contradictoire, découverte par Stéphane Lupasco (1900-1988). Cf. D. Temple, « Le Principe d’antagonisme de Stéphane Lupasco », in Bulletin Interactif du Centre International de Recherches et Études Transdisciplinaires, CIRET, n° 13, 1998.

[2] La réciprocité ternaire établit la conjonction de la conscience d’agir et de subir d’où résulte un sentiment commun qui ne trouve pas, comme dans la réciprocité binaire, un visage pour en témoigner. Chaque partenaire de la réciprocité ternaire doit pouvoir rendre compte à lui seul du sentiment commun : l’individuation du sujet. L’individuation du sujet est ainsi le sentiment qui répond pour autrui de sa contribution à la réciprocité, c’est-à-dire le sentiment de responsabilité. Cf. D. Temple, « Naissance de la responsabilité » (1996).

[3] En France, en 1997, une loi socialiste (la loi Aubry) réserva les allocations familiales aux enfants des classes défavorisées. La loi fut heureusement abrogée par le même gouvernement qui l’avait votée !

[4] Cf. La Mutuelle Sociale Agricole : « L’entraide en agriculture ».

[5] Cf. site de la MSA, mis à jour le 24/05/2018.

[6] Le capitalisme pouvait prétendre satisfaire au deuxième principe de John Rawls tant que rien ne s’opposait à la croissance indéfinie du capital et que les effets de sa croissance pouvaient donner l’illusion d’émanciper les pauvres autant que les riches. Ce n’est plus le cas. Aussi, l’indexation du profit sur la généralisation du bien commun devrait-elle assurer la croissance par la décroissance du système capitaliste.

[7] Cf. Jean Duvignaud, Le don du rien, essai d’anthropologie de la fête, Stock, Paris, 1977.