Glossaire


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1. L’économie humaine

L’économie est appréhendée par l’économie politique occidentale comme un système obéissant à des enjeux rationnels. Les choses sont échangées comme si l’échange était ordonné par une main invisible qui établirait entre elles un rapport conforme à la logique qui les institue les unes vis-à-vis des autres d’un point de vue matériel. Du moins le marché doit-il tendre vers cet idéal.

Mais si les choses ont une valeur d’usage qui correspond à leur fonction et qui justifie l’idéologie utilitariste, elles s’inscrivent aussi dans d’autres relations. L’exploitation de l’homme par l’homme démontre que la rationalité des choses peut être inféodée à la volonté de puissance.

Mais la relation des choses entre elles peut aussi être inféodée à d’autres enjeux que celui du pouvoir des uns sur les autres ou de l’intérêt privé et obéir à une autre logique que la logique des choses, pour peu que la raison se donne l’ambition de rendre compte d’une autre réalité que celle de la physique du monde.

Lorsqu’elles sont inféodées aux relations de réciprocité qui engendrent l’être commun de la société, les choses participent à la construction du bien commun. Nous appelons « économie humaine » une économie qui souscrit au primat des relations productrices des valeurs spécifiques de la société humaine.

Dominique TEMPLE

1997

Publié dans La revue du M.A.U.S.S. semestrielle, nº 10, 2e semestre, “Guerre et paix entre les sciences. Disciplinarité et transdisciplinarité”, Paris, La Découverte/MAUSS, 1997, pp. 103-109.

En espagnol : Teoría de la reciprocidad, Tomo II. “La economía de reciprocidad”, La Paz, 2003.

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Lire l’article : “L’économie humaine”.

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